Cartographie de la formation du secteur du Tourisme en Algérie

Tous les professionnels du tourisme s’accordent sur le fait qu’il y a déficit énorme en termes de formation en Algérie. Les assises du tourisme, tenues au club des pins le 11 et 12 février 2008, ont soulignés la nécessité de réunir les conditions à même d’adapter l’offre nationale de formation aux exigences induites par le développement du secteur du tourisme.

Les assises ont permis l’élaboration d’un schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT) qui intègre un plan qualité tourisme dont le fondement essentiel repose sur un plan de formation ayant pour finalité la mise à niveau de la ressource humaine a tous les échelons, pour permettre une offre qualitative a même de hisser notre tourisme au standard international.

Qu’en est-il aujourd’hui, 10 ans après les recommandations émises par les assises et contenues dans de volumineux dossiers remis à tous les participants.

L’offre nationale de formation 

L’offre de formation touristique et hôtelière est constituée :

  • Des établissements de formation relevant du Ministère du tourisme 
  • Des établissements de formation relevant du secteur de la formation professionnelle
  • Des établissements privés agréés par le ministère de la foration professionnelle
  • Des établissements relevant d’entreprises à capitaux publics (S.I.H)

Il est à noter que trois (03) établissements relevant du ministère du tourisme et dispensant des formations pour les filières cadres, maitrise et exécution ont été réalisés respectivement en 1976 et 1970 (EL AURASSI, TIZI OUZOU et BOUSSADA). L’annexe de Tlemcen est de construction récente (2003). 

Dans le tableau suivant, nous recensons les capacités pédagogiques offertes dans le secteur public (ministère du tourisme et entreprise à capitaux publics) et dont les formations sont plus adaptées aux besoins du secteur du tourisme.

Places pédagogiques

Année de création

Catégorie 

ENST El AURASSI

200

+=1976

Cadres

INHT TIZI OUZOU

300

1970

Maîtrise

CHT BOUSSADA

300

1970

Exécution

  ESHRA ALGER

800

2016

Cadres

ESHRA -ORAN

200

2018

Cadres

Les projets de construction d’une nouvelle école supérieure du tourisme à Tipaza, d’une capacité de 1200 places pédagogiques, est restée à l’état de projet, ainsi que l’annexe de Ain Temouchent. 

Nous avons inventorié 141 établissements   gérés par la formation professionnelle, et 40 établissements dépendant du secteur privé, offrant un éventail de formation dans la maitrise et l’exécution et repartis sur tout le territoire national.

Les formations dispensées sont :

  • Gestion hôtelière
  • Gestion touristique
  • Administration hôtelière
  • Filières restauration

La première conclusion que nous pouvons tirer de ce constat est qu’il y a eu un intérêt remarquable pour la formation dans les années 1970, encouragé par le développement de nombreux projets hôteliers et touristiques (création de trois écoles couvrant les 3 paliers de la formation) , mais cet élan s’est arrêté pendant plus de vingt ans pour diverses raisons :

  • Arrêt brutal des investissements dans le secteur du tourisme
  • Au plan des choix économiques, Le tourisme a été relégué au second plan.
  • La décennie noire
  • Etc.

La demande Nationale en matière de formation 

Depuis quelques années, les pouvoirs publics semblent à nouveau, s’intéresser à ce secteur vital, en encourageant les investisseurs, et en promulguant de nouveaux textes incitatifs :

  • Avantages fiscaux dans le cadre de conventions ANDI permettant une exonération sur l’impôt IBS, TAP.
  • Conditions avantageuses sur l’octroi d’assiettes foncières en concession dans le cadre de la loi de finances 2011 relative à la concession de terrains domaniaux.
  • Crédits bancaires attractifs (bonification des taux et franchise d’intérêt)
  • Une fiscalité largement avantageuse en faveur du secteur de l’hôtellerie.
  • Possibilité de recours a une chaîne internationale pour le management hôtelier.

2112 projets ont été agrées de 2008 à 2018, dont la valeur de l’investissement est de l’ordre de 1493 milliard de dinars, pour un apport de 277 699 lits.

820 projets en cours de réalisation, devant offrir une capacité de 120 000 lits additionnels, et pour une prévision d’emplois de l’ordre de 60 000 postes

Comme nous le constatons, les projets agrées ou en voie de construction, nécessiteront un apport en ressources humaines considérables en vue de relever le défi.

En 40   ans de formation (1970 à 2010) toutes les structures de formation existantes, n’ont pu former que 8200 personnes dans les différentes filières soit une moyenne de 205 éléments formés par an.

Les prévisions ci-dessus, projettent 60 000 emplois pour les 820 projets en construction.

Si nous anticipons et considérons que 100 projets seront inaugurés annuellement (toutes catégories d’Hôtels confondues) et d’une taille moyenne de 80 chambres par établissement.

Le besoin en main d’œuvre qualifiée dans toutes les filières serait de l’ordre de 8 000 emplois qualifiés par an (1 chambre égale un emploi).

Au jour d’aujourd’hui nos capacités pédagogiques installées ne répondent plus aux besoins exprimés.

Même si de nombreux établissements recensés dans le secteur de la formation professionnelle et du secteur privé incitent à l’optimisme, néanmoins le contenu de la formation et les outils pédagogiques sont souvent inadaptés.

Par ailleurs nous avons anticipe les besoins en formation uniquement pour les projets en construction, sans tenir compte des établissements existants. 

Conclusion 

Le plan formation inclut comme sous plan, du plan qualité, partie intégrante du SDAT élaboré et mis en place par le Ministère du tourisme, gagnerait en efficacité si la mobilisation a tous les niveaux de responsabilité deviendra effective.  

La construction de nombreux projets, si elle n’est pas accompagnée par la mise en place d’une véritable carte de la formation nationale, hypothéquerait le développement du secteur du tourisme.

Tous les acteurs devront s’y mettre  en observant ce minimum de recommandations :

  • Adapter la formation au contexte actuel et aux besoins du marché, quitte à recourir à des organismes spécialisés pour mettre en place de nouveaux programmes.
  • Construire d’autres écoles régionales
  • Inciter les établissements hôteliers à accepter les stagiaires dans le cadre de convention de stage pratique
  • Sensibiliser les acteurs du secteur a l’impératif de consommer les budgets de la formation, dans le cadre de la formation continue (perfectionnement, recyclage, mise a niveau)
  • Encourager les échanges avec des écoles étrangères 
  • Multiplier les partenariats dans le cadre de conventions bilatérales entre l’Algérie et d’autres pays.
  • Encourager l’enseignement des langues
  • Organiser des concours professionnelles (meilleur chef, et)
  • Adapter la législation relative à la formation.

Par D. Bellfegas

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